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LE DAKAR AVEC JACKY : ESPOIRS DECUS !
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Le faux-départ d'une complicité nouvelle

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..Le Dakar-Agadès-Dakar 1997 s'annonçait, pour Vanina, comme l'heure d'une grande aventure mais, aussi et surtout, comme celle d'un rendez-vous exceptionnel.
..A bord d'un Toyota Land Cruiser T1 (catégorie proche de la série) soutenu par Toyota-Belgique, la jeune femme allait partager cette mythique épreuve africaine avec son illustre père, Jacky Ickx.
..Elle s'en faisait une joie indicible. Pensez ! 8.575 km de désert, de savanne, de jungle, de sable et de poussière, le tout baigné de températures extrêmes ! Voilà qui promettait un resserrement des liens entre les deux pilotes déjà unis par les liens du sang.
..Père et fille allaient pouvoir - devoir même - trouver l'osmose des équipages performants qui ne font qu'un, quelles que soient les conditions. Souvent difficiles - pour ne pas dire dantesques - dans ce rallye-raid, faut-il le rappeler ?
..Qui mieux est, Vanina découvrait dans cette épreuve tout le bien que son papa pensait d'elle et de ses compétences en matière de sport auto, de pilotage et de navigation. Une fameuse preuve de confiance ! Celle-là même, peut-être, que la jeune femme recherchait depuis un an, lorsqu'elle avait effectué ses premiers tours de roue en sport automobile.
..Il faut dire que, en 1996, Jacky avait tenu à rester à bonne distance des circuits que fréquentait sa cadette, désireux de ne lui être d'aucune aide particulière. Le nom de Ickx suffisant déjà à lui ouvrir bien des portes, "Monsieur Le Mans" estimait devoir se tenir éloigné de la nouvelle passion de Vanina.
Un test, en quelque sorte. L'ex-"Ring Meister" voulait voir si sa fille souhaitait - et pouvait - réellement piloter en compétition... ou bien s'il s'agissait d'un simple caprice.

..Cette participation commune au Dakar, pour Vanina, prenait donc les allures d'une reconnaissance et d'une approbation paternelles. Et le fait de pouvoir partager ensemble une expérience pour le moins exceptionnelle ne faisait qu'ajouter à son bonheur.
Attentive, concentrée, très professionnelle dans son approche, Vanina Ickx avait d'ailleurs préparé cette épreuve avec un rigueur suscitant l'admiration de beaucoup.

..Hélas, trois fois hélas, le beau rêve s'effondra avant même le 4 janvier, date du départ du Dakar 97.
..Atteint d'une mystérieuse maladie depuis plusieurs mois (un virus, s'attaquant aux systèmes nerveux et lymphatique, contracté lors d'un séjour au Kilimandjaro ?) se manifestant par des crises aussi ponctuelles que subites et imprévisibles, Jacky Ickx se senti faiblir peu avant son anniversaire (le 1er janvier) et estima plus sage de déclarer forfait...
..De Jacky ou de Vanina, qui fut le plus déçu ?
Une profonde déception, en tout cas, les réunit. Mais il y a gros à parier que Vanina était submergée de tristesse.

..Elle qui désirait, si ardemment, donner sa chance à une toute nouvelle complicité, allant bien au-delà des traditionnelles relations père-fille.
..Vanina aurait tant aimé se rapprocher encore un peu plus de son père et partager avec lui une aventure, des épreuves et des souvenirs d'exception...

Bernard Willems